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Museomix, mon retour de co-organisateur
Quelques semaines après ce weekend de folie, voici mon débrief à propos de Museomix

(les photos sur ce post sont cliquables pour retrouver auteur et sa galerie sur Flickr)
Ceux qui parlent le mieux des dispositifs ce sont les participants eux-même, qui les ont imaginés et protototypés et dont voici quelques billets retours :
Pour ma part je vais plutôt revenir sur les aspects généralistes concernant museomix en tant que tel : son format, son organisation, son propos…

salon des boiseries

Avant d’aborder les aspects à améliorer il faut quand même bien dire que Museomix a été un véritable succès ! L’objectif principale de cette toute première a été atteint : on a montré ensemble que “c’est possible” d’ouvrir le musée aux enthousiastes prêt à co-créer des dispositifs de mediation au sein même du musée.

Ce tweet résume bien l’ambiance du weekend  :
http://twitter.com/#!/2vanssay/status/135463186043379712

Je suis très fier d’avoir participé à cette expérience. Une première édition posée dès le départ comme le début d’une suite. Car Museomix est un objet en évolution, un protype d’évènement en soi. Dans ce sens il faut aussi qu’on examine ce qui être reconsidéré, évoluer :

Intégrer d’avantage le musée et museomix

Avant tout, le point le plus essentiel à mes yeux : Intégrer totalement Muséomix dans le musée, au delà de l’aspect “événementiel”
 
Catherine Collin à ouvert le plus grand possible les portes du musée à Museomix (Merci aux Arts Décos !). C’est un véritable exploit d’avoir validé ce projet avec sa direction et de l’avoir mis en route aussi rapidement. Deux conservateurs des Arts Décos sont venus rencontrer les équipes et discuter des projets, et ces échanges ont été riches mais trop rares. On est d’accord pour dire qu’il faudrait que Museomix soit d’avantage intégré “dans” le musée. C’est à dire que Museomix suscite un véritable investissement intellectuel et opérationnel sur toute l’opération de l’ensemble du musée. Que la co-organisation dépasse les aspects matériels d’accueil (wifi, sécurité, sono, salles repas…). Et ceci dès les phases d’organisations préalables à l’évènement.
 
Quelques pistes :
 
 Que le musée monte une équipe dédiée au projet de son coté. Un petit comité transversal (tous les métiers engagés, des gardiens aux conservateurs, en passant par la médiation) animé par notre interlocuteur principal du musée.  Quelques points seraient échangés avec l’équipe d’orga Museomix pour réfléchir ensemble aux orientations sur les thématiques, les décisions stratégiques, les points opérationnels importants…
 
Inclure des personnes du musées en tant que participants (pas uniquement en tant que co-organisateurs), totalement intégrés aux équipes. J’envisage au moins une personne par équipe : 
  • Cette personne pourrait faire remonter les problématiques réelles du musée (pas forcément évidentes) et l’équipe pourrait du coup travailler à les résoudre, améliorer, ou à proposer des idées mais avec tout ce recul qui assurerait plus de pertinence.
  • Elle pourrait également relayer toutes les expériences passées, les solutions déjà testées, les ressources disponibles….faire gagner beaucoup de temps aux équipes et arriver à des propositions pertinentes.
  • Elle pourrait faire bénéficier de sa connaissance “maison” très utile du musée, de ses collections, de son évoluation dans le temps, des anecdotes aussi souvent utiles en médiation…une ressource pour faire des dispositifs riches
  • Elle participerait à éviter les propositions trop techno-centrées et à articuler au mieux les “contenus” et les propositions techniques
Erasme en réunion

Mieux inclure les museomixeurs en ligne

Il y a eu peu de véritables contributeurs en ligne durant museomix. Seuls quelques personnes se sont associées temporairement à certains aspects des projets, en donnant leur avis.
 
Finalement Stormz (prévu pour faire des échanges d’idées en ligne) n’a pas été utilisé, et la page Facebook n’a pas été probante comme solution de relais entre les équipes sur place et les participants en ligne. En pratique, les personnes sur places sont absorbées par leur projet, les questions matérielles, le timing… Avec l’intensité, et parfois le stress, solliciter des personnes en plus pouvait être perçu comme une charge supplémentaire. Elles ne sont pas disponibles pour rentrer en contact avec l’extérieur.
 
C’est pourtant dommage de ne pas inclure ceux qui voulaient participer sans avoir pu, ou voulu, être sur place. Ils peuvent contribuer au travail des équipes, en répondant à des questions, en donnant des avis, en relayant, en faisant des recherches de documents, des analyses, en réalisant quelques opérations sur ordinateur…
 
Pour faciliter cette implication des museomixeurs en ligne :
 
Prévoir de faire listing à part entière des participants en ligne et de les associer complètement aux équipes si ils contribuent sur toutes la durée.
 
Avoir un(e) envoyée spécial(e) par équipe, dédié à ce rôle de relais entre le “sur place” et le “en ligne”. Une sorte de “community manager” qui pourrait décharger l’équipe de cet aspect tout en étant complètement intégré à elle. Son rôle serait d’informer des avancées de l’équipe, de relayer les questions qu’elles se pose, les besoins de retours, et de transmettre les retours à l’équipe. Au final de faire “vivre” le projet à l’extérieur.
 
Cette personne serait aussi un bon relais pour l’équipe media et toutes les autres personnes ayant besoin d’infos sur l’équipe.

Elle pourrait également prendre en charge la réalisation des vidéos, qui là aussi a pu être perçue comme un “surplus” alors que elles sont une part essentielle du projet : un support à la fois pédagogique (c’est un moment de réflexion sur la proposition) et de cohésion pour l’équipe qui doit “exposer” ensemble son projet. La projection des vidéo a aussi été l’occasion d’une belle soirée le samedi, à les visionner ensemble, à découvrir ce que chacun faisait…comme une sorte de “déclic” très joyeux et rassembleur, j’ai trouvé.

Fin de la 2e journée

Péréniser les dispositifs proposés

Les équipes ont naturellement envie de voir leurs propositions dépasser le stade de prototype éphémère.   

Pistes dans ce sens :
 
Que Museomix s’inscrive dans la mise en place d’une exposition, ou d’une nouvelle offre de mediation réelle. Le Musée intégrerait par ce biais une dimension “laboratoire” et ouverte sur les utilisateurs. Cela implique que le musée ajoute d’emblée la dimension “museomix” dans son projet dès le départ, en tant qu’objectif à part entière, au même titre que le “produit” fini.

Que le musée s’engage à péréniser un ou plusieurs dispositifs à la suite d’une opération museomix, en l’adaptant selon les retours et en le faisant développer jusqu’à une solution pérenne auprès de ses publics.
 
Que l’équipe museomix et du musée aussure un suivi post-évènement de co-production avec l’équipe réalisatrice et en faisant appel aux prestataires complémentaires nécessaires

Yann Minh regroupe son équipe

Une meilleure restitution aux publics

Globalement il y avait trop de monde et trop peu de temps. Certains dispositifs n’était pas adaptés aux groupes pour être appréciés de façon optimale.
 
Avoir au moins une journée entière où les visiteurs peuvent découvrir les dispositifs, fonctionnels même si toujours en cours d’évolution
 
Avoir un relais par la suite avec les mediateurs du musée, sur une semaine par exemple

Une opération plus légère pour l’orga et plus sereine pour la créativité des équipes

Autant la restriction du temps est un véritable catalyseur d’énergie, autant je me demande si tout faire au même moment, avec le stress et à la fatigue engendrés, n’est pas contre-productif au final.
Si les équipes pouvaient se contenter de jouer avec les idées, paufiner les solutions, formaliser les concepts, sans trop de soucier des aspects matériels, des disfonctionnements techniques, ce serait peut être profitable, plus serein, plus créatif.

Une piste : j’imagine une édition en deux étapes. Une étape pour “cogiter” et une deuxième pour “faire”. La première étape inclurait uniquement des prototypes low-tech, ou juste “représentés” (légo, animations vidéos…). Dans cette première phase les participants “techniques” (codeurs, innovateurs, experts de solutions techniques…) participent à part entière pour conserver cette synergie et enrichissement mutuel entre “contenus” et “technique”. A l’issue il y aurait une sélection, et dans une deuxième phase les propositions seraient mise en oeuvre. Cela permettrait de ne gérer que les outils nécéssaires et d’alléger la gestion matérielle très lourde de l’opération.
 
Risque : en ne mettant plus les “mains dans le cambouis” on aura peut être plus tout à fait des prototypes aussi riches de leur confrontation avec la réalité de leur fonctionnement dans le contexte du musée.

Voilà voilà pour l’instant… on va se retrouver bientôt !

Museomix expliqué avec des bouts de papiers

Une petite vidéo-bricolage que j’ai réalisée pour le blog de museomix. Merci à Gabriel Malenfert pour les marionettes ! 

Julien et Marie sont fans de musées et pourtant ils trouvent que les musées sont pas toujours en phase avec leurs envies… Un jour, ils entendent parler de museomix…et ils décident de passer à l’action…

Ma lettre de motivation à Museomix



Diane a listé “10 envies” pour museomix. Je remixe son billet avec une lettre de motivation personnelle :

Cher Museomix,

Je souhaite porter à votre attention cette présente candidature pour votre CDD du 11, 12, 13 novembre suite à l’annonce parue ici

Plusieurs motivations m’incitent à postuler auprès de vous aujourd’hui. Voici celles qui me tiennent à coeur : 

Voir cette idée de musée-LEGO prendre une forme concrète. Le temps d’un weekend d’abord, et comme une impulsion pour d’autres initiatives à venir

Rencontrer des gens nouveaux qui partagent les mêmes envies que moi mais viennent de d’autres horizons. J’ai vraiment hâte de partager ces trois jours avec tous ces créateurs, codeurs, bidouilleurs… 

Mettre en place, dans cette optique, un rendez-vous pour toutes ces personnes “extérieures” qui sont partantes pour consacrer du temps et leurs savoir-faire à une meilleure médiation des richesses des musées. Y’en a plein ! Persuadé que c’est par elles qu’un nouveau souffle d’ouverture sur le secteur culturel est possible.

Rencontrer de nouvelles personnes, mais aussi faire quelque chose que j’aime avec des gens que je connais bien et apprécie beaucoup : car museomix est surtout né de rencontres, d’échanges, d’actions préalables menées ensemble :

Avec Diane Dubray, consultante pionnière en France sur le sujet des musées et du web, et avec qui j’ai plaisir, depuis plusieurs années à fomenter un tas de rencontres de tout types autours des musées, du web, du participatif… On est sur la même longueur d’onde et connectés !

Avec Marie et Marie-Noéline de l’agence Nod-a, dont le positionnement sur l’innovation à la croisée des créatifs et des techos m’attire beaucoup. C’est d’ailleurs Marie-Noéline qui a eut cette enthousiasmante idée de nous enfermer pendant 3 jours :) On se fréquente sur les réseaux depuis un moment, sur Fluxeum (qui se fatigue un peu d’ailleurs) lancé avec quelques personnes partageant les mêmes intérêts. 

Avec Yves-Armel et Christophe du Centre Erasme. Alors à Erasme….j’aime tout ce qu’il font ! Seul centre d’expérimentation muséographique en Europe, ils font du museomix tous les jours, et depuis un bon moment déjà. Je suis allé faire leur connaissance à Lyon il y a plusieurs années et je ne les lâche plus !

Avec Julien Dorra, proche de Nod-a (Art Game Weekend) et impliqué sur des tas de projets similaires, comme Le Camping, les Dorkbots Paris…et surtout facétieux hackeur de musées qui m’avait proposé de participer à la toute première opération d’OrsayCommons

Avec Nicolas Loubet, l’hyper actif de Knowtex que j’avais contacté dès que ce nouveau réseau social pour amateurs de sciences, proche de la démarche en ligne du muséum, s’est ouvert. Une équipe qui a une belle énergie, et mine de rien, secoue pas mal le cocotier des centres et structures de mediation scientifiques.

Et bien sûr tous les #museogeeks qui depuis un ou deux ans ont fini par tisser un réseaux sympathique de rencontres, de conseils, de relais…

Ne pas juste constaster que les choses bougent pas très vite, que les musées en France ceci, que les institutions cela… que les conférences ça sert à rien (j’en suis maintenant convaincu, surtout pour partager ce type d’idées et d’expériences). Mais plutôt passer à l’action :

Mettre en place un nouveau format de rencontre, plus engageant, plus énergisant, qui libère les idées et la créativité, qui autorise les erreurs, qui soit ludique et donne envie de s’investir. J’aime réfléchir aux conditions optimales de ce qui motive la participation. Je suis bien entouré ! On verra si le plat mijote bien comme prévu…mais j’ai déjà appris plein de recettes !

Enfin et surtout m’amuser ! 

Veuillez agréer, cher Museomix, mes salutations les plus distinguées bla bla…

Le musée-Légo
(Ceci est un essai de synthèse de réflexions sur les évolutions du musée envisagées sous l’angle des démarches/usages en “réseaux”. Je le partage ici (CC by-sa), en l’état actuel, pour critiques, modifications, évolutions…)

Le Musée-Légo est un musée ouvert et accessible, de façon la plus disponible possible, adapté aux modes de vie de visiteurs.

Un musée en réseau et multi-plateformes, présent là où les visiteurs et les communautés le sont (en ligne et hors ligne).

C’est un musée ludique, où la relation aux oeuvres est décomplexée et créative. Il n’est pas réservé à ceux qui “savent se tenir” sur le mode exclusif de la contemplation. Un musée où les modes d’accès à la connaissance et aux oeuvres, par le mental, les émotions, les relations, le geste…sont multiples et adaptés aux envies des visiteurs.

Le musée-Légo est un musée que l’on peut faire sien, comme on peut facilement construire une “oeuvre” personnelle, complexe à partir de simples morceaux de Légo, conçus pour être faciles à assembler et libérer le potentiel créatif

Autrement dit, le musée-Légo n’est plus un “musée-cathédrale” mais un “musée-bazar” (pour reprendre la métaphore du logiciel libre) où chacun pourrait trouver “sa” place de façon organique dans un projet culturel commun.

Texte (trop long pour ce blog) à retrouver ici (pdf) ou bien ici (html)

Voici le plan : 

D’une logique “vitrine” à une logique “relationnelle” et co-créative

  • Une démarche globale
  • Un musée orienté “visiteurs-utilisateurs”
  • Un musée qui s’inscrit dans un réseau de relations entre individus
  • Un réseau intégrant la communauté professionnelle dans son ensemble
  • Pour proposer des offres ouvertes, évolutives et distribuées

Un musée-Légo avec un fonctionnement-Légo

  • Un musée qui se connaît d’abord lui-même
  • Moins de validations, plus de créativité
  • Moins de cloisonnement, plus d’intégration
  • Avec l’accueil comme porte d’entrée de la démarche

Un musée à imaginer…


Présentation liée à ce texte : 

View more presentations from Samuel Bausson

2 musées, 2 postures

Un musée peut faire parler de lui-même à la troisième personne, ou il peut dire ”je vous connais, je suis une part de vous, et vous êtes une part de moi (…) “

  • il peut adopter une posture d’exclusivité, ou préférer plutôt une démarche inclusive.
  • il peut dire qu’il “sera toujours le temple (de l’impressionnisme)” ou il peut dire qu’il est Histoire(s) partagées 
  • il peut vanter la richesse infinie de ses collections avec des inventaires en “-isme” (“orientalisme…naturalisme…pointillisme…symbolisme…fauvisme…”) ou il peut dire “c’est de vous dont je suis curieux, j’ai plein de temps pour ça, et je me souviens de tout…”
  • il peut faire l’inventaire de son catalogue d’offres successives (“concerts, visites…”) ou il peut nous raconter une histoire qui met en scène son savoir-faire
  • il peut nous promettre d’y trouver de multiples sources d’émerveillement ou nous faire d’emblée, dès sa communication, la démonstration effective de la place qu’il nous réserve par cette histoire dont nous sommes les personnages
  • il peut nous promettre de repartir avec une “moisson d’images” ou il peut s’appuyer sur la force d’évocation d’images choisies.
  • il peut utiliser une lumière, une musique, et une tonalité dans la lignée traditionnelle des standards de la culture “classique” ou bien adopter un rythme, un enchainement, et des contrastes qui résonnent avec les codes d’aujourd’hui.
  • il peut se focaliser sur les oeuvres et leurs contemplateurs ou bien sortir dans la rue et aller à la rencontre de ceux à qui il s’adresse
  • il peut s’ancrer dans un bâtiment prestigieux de la “Belle Epoque” ou bien s’en affranchir pour annoncer son “nouveau site web”

Un musée peut nous rappeler qu’il est au coeur de Paris “qui sera toujours Paris” et que nous nous ferons la “promesse d’y revenir”, ou bien nous dire qu’il fait en sorte d’être aussi disponible là on nous sommes déjà…en ligne et au coeur de notre vie quotidienne.


version courte (2min33)

Open Museum : voici ma présentation #GlamWiki Paris décembre 2010. (cliquez sur “menu > view fullscreen” pour agrandir)

Retour des rencontres par Diane Drubay sur Buzzeum

Merci à Wikimedia France pour son invitation.

Merci aux auteurs des photos pour leurs autorisations et dont les crédits sont mentionnés - Sauf mention contraire, les contenus et cette présentation sont sous licence CC-by-sa.

La communauté Louvre est ouverte ici : http://communaute.louvre.fr
Mercredi soir dernier, le Louvre inaugurait sa plateforme communautaire, tant attendue.
Comme j’étais à Paris ce jour là, j’en ai profité y aller. On ne refuse pas des marshmallow au coulis de framboise à déguster sous les lustres du palais…
On a commencé par une visite express du Louvre avec passage obligé par la Victoire de Samothrace. J’étais un peu dissipé faut bien dire et Diane Drubay à fait un topo complet ici
Concernant le site, bien qu’il ne soit pas en version beta a priori, il a été présenté comme expérimental. Ce projet est mené en partenariat Louvre & Orange Labs.
Pour ma part je vais me contenter de faire quelques petites remarques et propositions, qui pourraient, IMHO, faire évoluer la plateforme dans le bon sens il me semble (le mien en tout cas).
Rendre la plateforme plus “poreuse” aux réseaux sociaux et plus ouverte au web en général
Devoir s’inscrire sur une plateforme (de plus !) risque de créer une certaine résistance et de limiter le potentiel d’inscrits. D’autant que le formulaire est un peu trop long à mon goût. Inclure des boutons Facebook/Twitter ID pour s’inscrire et pouvoir compléter son profil ensuite si on le souhaite serait bienvenue.
Par ailleurs, donner la possibilité de retrouver des amis déjà inscrits ou d’en inviter de nouveaux via ses contacts mail faciliterait la croissance de la communauté (là faut connaitre le contact mail exact de ses amis)…
Pouvoir rapatrier son blog dans les articles. Perso, je me vois pas de rédiger des “articles” à part entière sur cette plateforme “fermée”. La visibilité étant très faible, pour l’instant, la motivation à contribuer également.
Publier les contenus produit par le Louvre en licence libre ou du moins ouverte (de type Creative Commons). Pouvoir à son tour choisir une licence de ce type pour diffuser ses propres contenus, autorisant ceux qui le souhaitent à les reprendre sans démarche rédhibitoire. Un message d’ouverture, d’encouragement aux échanges, au remixage, facilitant la multiplication des points de vues sur les oeuvres du Louvre, en cohérence avec l’ambition de la plateforme.
Rendre la plateforme plus “communautaire” 
Ajouter des “status” (plus faciles que des articles) pour pouvoir mettre quelques mots à l’occasion sans s’investir dans du rédactionnel. Des status “personnels” qui pourraient donner de la vie à la communauté (et qui pourraient également provenir de Twitter ou Facebook via un #hashtag particulier)
L’accent actuel est mis sur les contenus multimédia (images persos, galerie d’oeuvres sélectionnées, videos…). Je pense que mise en avant des “profils” serait plus engageante avec par exemple un tableau de bord pour suivre l’activité de ses amis, leurs status, les derniers échanges dans les groupes auxquels on appartient, les derniers commentaires sur nos contributions…
Une fonctionnalité “à la Amazon” de type “vous avez aimé ceci…” vous devriez aimer “cela” calculé en fonction des goûts des membres de la communauté. Dans le même genre d’idée, une fonctionnalité de recommandation “membres à suivre” en fonction de son propre réseau actuel (“amis d’amis”) et des thématiques de prédilection.
Avoir une présence “Louvre” forte et s’engager dans la communauté
Passer d’un site de communication descendante à une plateforme d’échanges entre visiteurs, ne signifie pas que le musée doive totalement s’éclipser derrière l’outil. Au contraire, je pense que les membres auront envie d’échanger entre eux mais aussi avec des représentants du Louvre en ligne, depuis les coulisses du Palais, dans une relation privilégiée… Ces interlocuteurs “maison”, pourraient accueillir les nouveaux, animer certains groupes et conversations en ligne, répondre aux questions pratiques, valoriser les contributions originales et les membres les plus actifs, proposer des regards particuliers et originaux selon l’actualité du Louvre avec leurs propres profils…Je verrai bien un blog pour accompagner et donner à voir la vie de la communauté. A mon sens, cette communauté “Louvre” inclue les visiteurs, mais également les professionnels du musée.
D’ailleurs en terme de positionnement éditorial je trouve que le Louvre pourrait assumer complètement l’aspect “louvro-centrique” de la plateforme et jouer la carte d’une communauté de niche, sans doute restreinte, mais forte des aficionados du musée. Les communautés “généralistes” sur l’art existent déjà et n’ont pas attendu le Louvre pour se fédérer. En revanche, le Louvre a une telle puissance d’attraction, qu’il me semble qu’il peut faire émerger une communauté propre de visiteurs, eux-même ambassadeurs sur d’autres plateformes…Une focalisation sur les contenus d’autant plus bienvenue que la plateforme serait, elle, “ouverte” vers l’extérieur
Créer du lien entre les visteurs en ligne et sur place 
Idée de fonctionnalité : ce que je trouverais intéressant sur un tel site, dédié à un musée, serait de pouvoir donner RDV à ses amis sur la plateforme et de les retrouver sur place pour des visites en autonomie à plusieurs. Cela pourrait faire émerger une communauté vivante qui se cristallise en se rencontrant régulièrement IRL, qui prépare et prolonge sa visite en ligne. Je pense que certaines personnes ne vont pas au musée parcequ’elle n’ont pas envie d’y aller seules, ou parceque ce qui les y intéresse ne correspond pas aux centres d’intérêts de leur amis par ailleurs. Cette plateforme est une belle occasion d’affilier des personnes qui partagent des centres d’intérêts particuliers dans l’histoire de l’Art.

La communauté Louvre est ouverte ici : http://communaute.louvre.fr

Mercredi soir dernier, le Louvre inaugurait sa plateforme communautaire, tant attendue.

Comme j’étais à Paris ce jour là, j’en ai profité y aller. On ne refuse pas des marshmallow au coulis de framboise à déguster sous les lustres du palais…

On a commencé par une visite express du Louvre avec passage obligé par la Victoire de Samothrace. J’étais un peu dissipé faut bien dire et Diane Drubay à fait un topo complet ici

Concernant le site, bien qu’il ne soit pas en version beta a priori, il a été présenté comme expérimental. Ce projet est mené en partenariat Louvre & Orange Labs.

Pour ma part je vais me contenter de faire quelques petites remarques et propositions, qui pourraient, IMHO, faire évoluer la plateforme dans le bon sens il me semble (le mien en tout cas).

Rendre la plateforme plus “poreuse” aux réseaux sociaux et plus ouverte au web en général

Devoir s’inscrire sur une plateforme (de plus !) risque de créer une certaine résistance et de limiter le potentiel d’inscrits. D’autant que le formulaire est un peu trop long à mon goût. Inclure des boutons Facebook/Twitter ID pour s’inscrire et pouvoir compléter son profil ensuite si on le souhaite serait bienvenue.

Par ailleurs, donner la possibilité de retrouver des amis déjà inscrits ou d’en inviter de nouveaux via ses contacts mail faciliterait la croissance de la communauté (là faut connaitre le contact mail exact de ses amis)…

Pouvoir rapatrier son blog dans les articles. Perso, je me vois pas de rédiger des “articles” à part entière sur cette plateforme “fermée”. La visibilité étant très faible, pour l’instant, la motivation à contribuer également.

Publier les contenus produit par le Louvre en licence libre ou du moins ouverte (de type Creative Commons). Pouvoir à son tour choisir une licence de ce type pour diffuser ses propres contenus, autorisant ceux qui le souhaitent à les reprendre sans démarche rédhibitoire. Un message d’ouverture, d’encouragement aux échanges, au remixage, facilitant la multiplication des points de vues sur les oeuvres du Louvre, en cohérence avec l’ambition de la plateforme.

Rendre la plateforme plus “communautaire”

Ajouter des “status” (plus faciles que des articles) pour pouvoir mettre quelques mots à l’occasion sans s’investir dans du rédactionnel. Des status “personnels” qui pourraient donner de la vie à la communauté (et qui pourraient également provenir de Twitter ou Facebook via un #hashtag particulier)

L’accent actuel est mis sur les contenus multimédia (images persos, galerie d’oeuvres sélectionnées, videos…). Je pense que mise en avant des “profils” serait plus engageante avec par exemple un tableau de bord pour suivre l’activité de ses amis, leurs status, les derniers échanges dans les groupes auxquels on appartient, les derniers commentaires sur nos contributions…

Une fonctionnalité “à la Amazon” de type “vous avez aimé ceci…” vous devriez aimer “cela” calculé en fonction des goûts des membres de la communauté. Dans le même genre d’idée, une fonctionnalité de recommandation “membres à suivre” en fonction de son propre réseau actuel (“amis d’amis”) et des thématiques de prédilection.

Avoir une présence “Louvre” forte et s’engager dans la communauté

Passer d’un site de communication descendante à une plateforme d’échanges entre visiteurs, ne signifie pas que le musée doive totalement s’éclipser derrière l’outil. Au contraire, je pense que les membres auront envie d’échanger entre eux mais aussi avec des représentants du Louvre en ligne, depuis les coulisses du Palais, dans une relation privilégiée… Ces interlocuteurs “maison”, pourraient accueillir les nouveaux, animer certains groupes et conversations en ligne, répondre aux questions pratiques, valoriser les contributions originales et les membres les plus actifs, proposer des regards particuliers et originaux selon l’actualité du Louvre avec leurs propres profils…Je verrai bien un blog pour accompagner et donner à voir la vie de la communauté. A mon sens, cette communauté “Louvre” inclue les visiteurs, mais également les professionnels du musée.

D’ailleurs en terme de positionnement éditorial je trouve que le Louvre pourrait assumer complètement l’aspect “louvro-centrique” de la plateforme et jouer la carte d’une communauté de niche, sans doute restreinte, mais forte des aficionados du musée. Les communautés “généralistes” sur l’art existent déjà et n’ont pas attendu le Louvre pour se fédérer. En revanche, le Louvre a une telle puissance d’attraction, qu’il me semble qu’il peut faire émerger une communauté propre de visiteurs, eux-même ambassadeurs sur d’autres plateformes…Une focalisation sur les contenus d’autant plus bienvenue que la plateforme serait, elle, “ouverte” vers l’extérieur

Créer du lien entre les visteurs en ligne et sur place

Idée de fonctionnalité : ce que je trouverais intéressant sur un tel site, dédié à un musée, serait de pouvoir donner RDV à ses amis sur la plateforme et de les retrouver sur place pour des visites en autonomie à plusieurs. Cela pourrait faire émerger une communauté vivante qui se cristallise en se rencontrant régulièrement IRL, qui prépare et prolonge sa visite en ligne. Je pense que certaines personnes ne vont pas au musée parcequ’elle n’ont pas envie d’y aller seules, ou parceque ce qui les y intéresse ne correspond pas aux centres d’intérêts de leur amis par ailleurs. Cette plateforme est une belle occasion d’affilier des personnes qui partagent des centres d’intérêts particuliers dans l’histoire de l’Art.

J’ai participé dimanche à l’opération OrsayCommons L’intérêt de cette opération “décalée” sérieuse/pas sérieuse est de mettre en lumière le ridicule de l’interdiction récente d’y faire des photos. Une interdiction qui s’enrobe de discours peu convaincants, et faits au nom des visiteurs, pour mieux s’imposer d’autorité.
On était pas très nombreux, une dizaine. Les agents de surveillance étaient alertés et avaient pour consigne de nous “laisser faire” comme j’ai pu l’entendre “dans le respect des oeuvres, des publics…et éviter de créer du désordre” (si je comprend bien finalement faire des photos c’est pas si gênant au final quand on laisse les visiteurs tranquilles)
Quelles sont les raisons invoquées ?
La gêne occasionnée : les visiteurs sont prétendument “très heureux” de cette interdiction qui préserve la fluidité et le calme autours des oeuvres. Pourquoi, dans ce cas, ne pas chercher des solutions pratiques (mieux gérer les flux, interdire uniquement les oeuvres vraiment très populaires, allouer des moments “dédiés” aux photographes amateurs…). Aujourd’hui on a plutôt une interdiction de “principe” avec des panneaux partout.
“C’est comme ça dans les musées du monde entier” : euh…là faudrait qu’ils se renseignent (même en France…). Tiens à ce propos, j’aime bien le blog du SFMOMA qui publie les photos de visiteurs, parfois en train de danser devant une oeuvre. Au muséum, un groupe Flickr dédié aux “souvenirs du muséum” de la part des visiteurs photographes. Il y a même des expos “sur place” de ces photos partagées en ligne…(subversif !)
Invocation du “respect” des oeuvres : là j’ai juste pas compris
Il faut respecter les règles. Sinon chacun fait n’importe quoi et “ne respecte pas la loi, c’est l’anarchie”… Légalement, ces objets, relèvent du domaine public et n’appartiennent pas aux musées qui en sont simplement les dépositaires. Les musées n’ont pas plus le droit de “refaire” la loi que les visiteurs. L’interdiction n’a qu’une valeur contractuelle imposée abusivement par l’achat du billet.
Toutes ces questions techniques m’intéressent peu au final. Si l’idée c’est de faciliter l’accès à la culture, des visiteurs aux oeuvres, alors il faut faire que ça se passe de façon la plus pragmatique possible… Ce qui me questionne d’avantage c’est le message implicite de cette interdiction de la part du musée :
Rendre service à des visiteurs qui ne seraient plus à même de contempler les oeuvres qu’à travers des “écrans qui font écrans” : Sur le fond, les choses ne sont peu être pas si simples. Il y a sans doute une sorte de consommation un peu frénétique au détriment d’un regard posé. Mais cette pratique s’inscrit aussi dans un phénomène d’auto-documentation. On prend des photos pour “valider” notre présence, comme témoignages, surtout pour nous-même, de notre existence (de nos rencontres, visites, réflexions…au quotidien). Pour d’autres, l’appareil devient un oeil (aussi distrait soit-il) par lequel ils regardent le monde, le cadre, le recompose, et partagent leur vision. Qui sont les musées pour porter un jugement d’ordre morale sur cette démarche ?
Tous ces panneaux qui “crient” de façon assez laide à tous les détours que le musée est un lieu d’interdiction, de défiance, d’empêchement… la générosité, la confiance s’éclipsent de fait…pas trop mon idée d’un lieu convivial de culture.
Et finalement, ce que je déplore c’est de voir ces “agents de surveillance” sur le qui-vive, que j’ai observé en 10 minutes interpeller au moins 3 couples dans l’allée centrale, pour leur rappeler l’interdiction (pour leur bien donc…ah ?). Générant un rapport de friction entre un agent devenu “flic” et un visiteur interrompu dans son élan et forcément frustré. Investir dans un rôle de “médiateur” partageant son regard intéressé et personnel pour les oeuvres, sur la vie du musée qu’il observe à longueur de journée et dont il fait parti, ne serait-il pas plus intéressant comme travail ?
Après l’opération nous avons pris un verre entre “photographes amateurs d’Orsay” (c’est une identité à part entière) et avons élaboré des plans très amusants pour les prochains dimanches gratuits…à suivre.
A lire: le billet de Louvre pour tous
Rejoindre le groupe FBk dédié
Retrouver les photos tagguées #orsaycommons sur Flickr
[update 15/12/10] article suggéré par Noémie dans commentaires sur “la pratique photographique, révélateur des échanges entre visiteurs)
[update 8/02/11] Photographie, musée et pouvoir : formes, ressorts et perspectives. Pour une lecture des rapports de pouvoirs sous-jacents.

J’ai participé dimanche à l’opération OrsayCommons L’intérêt de cette opération “décalée” sérieuse/pas sérieuse est de mettre en lumière le ridicule de l’interdiction récente d’y faire des photos. Une interdiction qui s’enrobe de discours peu convaincants, et faits au nom des visiteurs, pour mieux s’imposer d’autorité.

On était pas très nombreux, une dizaine. Les agents de surveillance étaient alertés et avaient pour consigne de nous “laisser faire” comme j’ai pu l’entendre “dans le respect des oeuvres, des publics…et éviter de créer du désordre” (si je comprend bien finalement faire des photos c’est pas si gênant au final quand on laisse les visiteurs tranquilles)

Quelles sont les raisons invoquées ?

La gêne occasionnée : les visiteurs sont prétendument “très heureux” de cette interdiction qui préserve la fluidité et le calme autours des oeuvres. Pourquoi, dans ce cas, ne pas chercher des solutions pratiques (mieux gérer les flux, interdire uniquement les oeuvres vraiment très populaires, allouer des moments “dédiés” aux photographes amateurs…). Aujourd’hui on a plutôt une interdiction de “principe” avec des panneaux partout.

“C’est comme ça dans les musées du monde entier” : euh…là faudrait qu’ils se renseignent (même en France…). Tiens à ce propos, j’aime bien le blog du SFMOMA qui publie les photos de visiteurs, parfois en train de danser devant une oeuvre. Au muséum, un groupe Flickr dédié aux “souvenirs du muséum” de la part des visiteurs photographes. Il y a même des expos “sur place” de ces photos partagées en ligne…(subversif !)

Invocation du “respect” des oeuvres : là j’ai juste pas compris

Il faut respecter les règles. Sinon chacun fait n’importe quoi et “ne respecte pas la loi, c’est l’anarchie”… Légalement, ces objets, relèvent du domaine public et n’appartiennent pas aux musées qui en sont simplement les dépositaires. Les musées n’ont pas plus le droit de “refaire” la loi que les visiteurs. L’interdiction n’a qu’une valeur contractuelle imposée abusivement par l’achat du billet.

Toutes ces questions techniques m’intéressent peu au final. Si l’idée c’est de faciliter l’accès à la culture, des visiteurs aux oeuvres, alors il faut faire que ça se passe de façon la plus pragmatique possible… Ce qui me questionne d’avantage c’est le message implicite de cette interdiction de la part du musée :

Rendre service à des visiteurs qui ne seraient plus à même de contempler les oeuvres qu’à travers des “écrans qui font écrans” : Sur le fond, les choses ne sont peu être pas si simples. Il y a sans doute une sorte de consommation un peu frénétique au détriment d’un regard posé. Mais cette pratique s’inscrit aussi dans un phénomène d’auto-documentation. On prend des photos pour “valider” notre présence, comme témoignages, surtout pour nous-même, de notre existence (de nos rencontres, visites, réflexions…au quotidien). Pour d’autres, l’appareil devient un oeil (aussi distrait soit-il) par lequel ils regardent le monde, le cadre, le recompose, et partagent leur vision. Qui sont les musées pour porter un jugement d’ordre morale sur cette démarche ?

Tous ces panneaux qui “crient” de façon assez laide à tous les détours que le musée est un lieu d’interdiction, de défiance, d’empêchement… la générosité, la confiance s’éclipsent de fait…pas trop mon idée d’un lieu convivial de culture.

Et finalement, ce que je déplore c’est de voir ces “agents de surveillance” sur le qui-vive, que j’ai observé en 10 minutes interpeller au moins 3 couples dans l’allée centrale, pour leur rappeler l’interdiction (pour leur bien donc…ah ?). Générant un rapport de friction entre un agent devenu “flic” et un visiteur interrompu dans son élan et forcément frustré. Investir dans un rôle de “médiateur” partageant son regard intéressé et personnel pour les oeuvres, sur la vie du musée qu’il observe à longueur de journée et dont il fait parti, ne serait-il pas plus intéressant comme travail ?

Après l’opération nous avons pris un verre entre “photographes amateurs d’Orsay” (c’est une identité à part entière) et avons élaboré des plans très amusants pour les prochains dimanches gratuits…à suivre.

A lire: le billet de Louvre pour tous

Rejoindre le groupe FBk dédié

Retrouver les photos tagguées #orsaycommons sur Flickr

[update 15/12/10] article suggéré par Noémie dans commentaires sur “la pratique photographique, révélateur des échanges entre visiteurs)

[update 8/02/11] Photographie, musée et pouvoir : formes, ressorts et perspectives. Pour une lecture des rapports de pouvoirs sous-jacents.

Les musées ont-il vraiment leur place sur Facebook ?

Quelle est la légitimité des musées à “délocaliser” des contenus de “service public” sur des plateformes “privées” ?

De façon un peu plus explicite, je me pose ces questions : Les musées, en acceptant, de façon plus ou moins consciente, les conditions d’utilisations de ces réseaux (mais qui les a vraiment lues ?), sont-ils en train de s’aliéner volontairement à ces supports dont ils ne maitrisent pas l’administration ? (On l’a vu avec Facebook, les règles de partage et de contrôle des données de chacun veut sont très instables, et pas “communautaires” pour le coup…) Les musées sont ils en train de contribuer volontairement à la sur-puissance des nouveaux médias en leur fournissant gratuitement leur richesse de contenus et en les rendant, de ce fait, attractifs ? Les musées devraient-ils s’abstenir de “déporter” leur présence sur les plateformes privées telles que Facebook ? Et dans ce cas, comment peuvent-ils rester “accessible” avec les visiteurs en ligne qui, eux, y sont en grand nombre ?

Deux mondes semblent s’opposer quand on veut se positionner sur l’adoption, ou pas, de ces plateformes privées : 

D’un côté les “militants” alertes et avertis du libre (logiciels, réseaux, contenus…), de la neutralité du net…etc…De l’autre le monde du marketing qui s’impose souvent “naturellement” auprès des utilisateurs devenus prescripteurs dans un monde “viral” façon Tupperware…(je reste assez perplexe avec des services web comme Foursquare où chacun, “librement et joyeusement” reçoit des badges de bon consommateur, s’emprisonne dans “territoire” marchand qui le définit et tisse ses relations avec des “amis” qui s’apparentent plus à des clients en compétition “ludique”…).

Personnellement je fréquente quelques avocats des libertés du net, du logiciel libre…Ces amis m’interpellent (de façon parfois directe mais bienveillante) sur ces questions…Certains sont constitués en association qui portent en elles, dès le départ, dans leurs “gènes”, ces revendications à maitriser les outils, ses contenus, sa présence, à ne pas se laisser aliéner d’une quelconque façon par “confort”…Ils sont cohérents avec leurs valeurs et dans une logique de démarche…Je voudrais arguer que ce n’est pas le cas des musées…qui doivent bien à un moment “rencontrer” leurs publics et ne vont pas les “retrouver” sur ces “terrains” là…Aujourd’hui des plateformes telles que Facebook forme des écosystèmes plus ou moins hermétiques à l’intérieur du web. Pour certains cela “devient” même le web en soi. Ils s’assignent à domicile et ne sortent pas du périphérique circonscrit par leur réseau social…ne pas y tracer son chemin c’est laisser “toute la place” aux autres (et surtout aux marques commerciales, qui elle savent attirer l’attention”)…et c’est, in fine, devenir “invisible”….

Je côtoie également, et je peux lire, des personnes venus d’agences web et du marketing…qui sont un mode de l’efficacité de résultats commerciaux et dont j’apprends aussi beaucoup en terme de démarches stratégiques ou opérationnelles…Dans cet esprit j’ai trouvé intéressant (et pertinent justement) de participer, à une table ronde intitulée “Gérer la e-réputation de son entreprise” il y a quelques jours, dans le cadre d’une rencontre numérique sur Toulouse…En s’inspirant de certaines “bonnes” pratiques, les musées ont, à mon avis, beaucoup à apprendre du domaine marchand quand il s’agit de “rentrer en relation” avec leurs publics (sans en faire des “clients”). Maintenant “rencontrer” le visiteur en ligne, doit-elle se faire “n’importe où”, quelque soit la plateforme, au détriment d’une cohérence de “principe” et finalement d’une contradiction essentielle avec ses missions de partage ouverts et libres des savoirs ? 

A supposer que la démarche “d’aller sur les réseaux sociaux” est à un moment posée et réfléchie en ces termes, les musées semblent hésitants…entre opposition frontale ou soumission à un “moindre mal” plus ou moins assumée…

A mon sens, les musées SONT des plateformes d’échanges. Ce sont des “lieux” où des personnes (expertes ou pas, de la communauté professionnelle ou des visiteurs du musées) se rencontrent autours d’affinités pour des idées, un patrimoine…Avec du contenus d’emblée “intéressant” à partager avec ceux qui ont les mêmes intérêts (ce qui n’est pas le cas de toutes les entreprises). Ils ont toute la légitimité pour se positionner de la même façon en ligne et adopter la démarche “relationnelle” des réseaux sociaux.

Mais pour le faire, sont-ils condamnés à adopter des outils “aliénants” ou bien à adopter/construire des outils “alternatifs”, avec le risque, de s’aliéner par rapport à leurs propres “publics”…?

Vous aussi vous avez une idée, des hésitations, un point de vue sur cette problématique ?