- Hackons le musée !chez strabic.fr
- Silvère (Mercier, @silvae) revient sur l’expérience Kaléidomix (un des dispositifs)
- Cap Science (CSTI de Bordeaux) à fait toute une série de billets retours
- @jean_no attiré par les tweets est venu faire un petit tour en observateur
- Diane (Drubay) a fait une proposition de synthèse sur Buzzeum.com, sous forme de grandes catégories, de ces propositions.
- Les propositions des équipes, avec les vidéos de présentation sont à retrouver dans la rubrique “museomix #1” du site
Avant d’aborder les aspects à améliorer il faut quand même bien dire que Museomix a été un véritable succès ! L’objectif principale de cette toute première a été atteint : on a montré ensemble que “c’est possible” d’ouvrir le musée aux enthousiastes prêt à co-créer des dispositifs de mediation au sein même du musée.
Intégrer d’avantage le musée et museomix
Catherine Collin à ouvert le plus grand possible les portes du musée à Museomix (Merci aux Arts Décos !). C’est un véritable exploit d’avoir validé ce projet avec sa direction et de l’avoir mis en route aussi rapidement. Deux conservateurs des Arts Décos sont venus rencontrer les équipes et discuter des projets, et ces échanges ont été riches mais trop rares. On est d’accord pour dire qu’il faudrait que Museomix soit d’avantage intégré “dans” le musée. C’est à dire que Museomix suscite un véritable investissement intellectuel et opérationnel sur toute l’opération de l’ensemble du musée. Que la co-organisation dépasse les aspects matériels d’accueil (wifi, sécurité, sono, salles repas…). Et ceci dès les phases d’organisations préalables à l’évènement.
Quelques pistes :
Inclure des personnes du musées en tant que participants (pas uniquement en tant que co-organisateurs), totalement intégrés aux équipes. J’envisage au moins une personne par équipe :
- Cette personne pourrait faire remonter les problématiques réelles du musée (pas forcément évidentes) et l’équipe pourrait du coup travailler à les résoudre, améliorer, ou à proposer des idées mais avec tout ce recul qui assurerait plus de pertinence.
- Elle pourrait également relayer toutes les expériences passées, les solutions déjà testées, les ressources disponibles….faire gagner beaucoup de temps aux équipes et arriver à des propositions pertinentes.
- Elle pourrait faire bénéficier de sa connaissance “maison” très utile du musée, de ses collections, de son évoluation dans le temps, des anecdotes aussi souvent utiles en médiation…une ressource pour faire des dispositifs riches
- Elle participerait à éviter les propositions trop techno-centrées et à articuler au mieux les “contenus” et les propositions techniques
Mieux inclure les museomixeurs en ligne
Finalement Stormz (prévu pour faire des échanges d’idées en ligne) n’a pas été utilisé, et la page Facebook n’a pas été probante comme solution de relais entre les équipes sur place et les participants en ligne. En pratique, les personnes sur places sont absorbées par leur projet, les questions matérielles, le timing… Avec l’intensité, et parfois le stress, solliciter des personnes en plus pouvait être perçu comme une charge supplémentaire. Elles ne sont pas disponibles pour rentrer en contact avec l’extérieur.
C’est pourtant dommage de ne pas inclure ceux qui voulaient participer sans avoir pu, ou voulu, être sur place. Ils peuvent contribuer au travail des équipes, en répondant à des questions, en donnant des avis, en relayant, en faisant des recherches de documents, des analyses, en réalisant quelques opérations sur ordinateur…
Pour faciliter cette implication des museomixeurs en ligne :
Prévoir de faire listing à part entière des participants en ligne et de les associer complètement aux équipes si ils contribuent sur toutes la durée.
Avoir un(e) envoyée spécial(e) par équipe, dédié à ce rôle de relais entre le “sur place” et le “en ligne”. Une sorte de “community manager” qui pourrait décharger l’équipe de cet aspect tout en étant complètement intégré à elle. Son rôle serait d’informer des avancées de l’équipe, de relayer les questions qu’elles se pose, les besoins de retours, et de transmettre les retours à l’équipe. Au final de faire “vivre” le projet à l’extérieur.
Cette personne serait aussi un bon relais pour l’équipe media et toutes les autres personnes ayant besoin d’infos sur l’équipe.
Elle pourrait également prendre en charge la réalisation des vidéos, qui là aussi a pu être perçue comme un “surplus” alors que elles sont une part essentielle du projet : un support à la fois pédagogique (c’est un moment de réflexion sur la proposition) et de cohésion pour l’équipe qui doit “exposer” ensemble son projet. La projection des vidéo a aussi été l’occasion d’une belle soirée le samedi, à les visionner ensemble, à découvrir ce que chacun faisait…comme une sorte de “déclic” très joyeux et rassembleur, j’ai trouvé.
Péréniser les dispositifs proposés
Que Museomix s’inscrive dans la mise en place d’une exposition, ou d’une nouvelle offre de mediation réelle. Le Musée intégrerait par ce biais une dimension “laboratoire” et ouverte sur les utilisateurs. Cela implique que le musée ajoute d’emblée la dimension “museomix” dans son projet dès le départ, en tant qu’objectif à part entière, au même titre que le “produit” fini.
Que le musée s’engage à péréniser un ou plusieurs dispositifs à la suite d’une opération museomix, en l’adaptant selon les retours et en le faisant développer jusqu’à une solution pérenne auprès de ses publics.
Que l’équipe museomix et du musée aussure un suivi post-évènement de co-production avec l’équipe réalisatrice et en faisant appel aux prestataires complémentaires nécessaires
Une meilleure restitution aux publics
Avoir au moins une journée entière où les visiteurs peuvent découvrir les dispositifs, fonctionnels même si toujours en cours d’évolution
Avoir un relais par la suite avec les mediateurs du musée, sur une semaine par exemple
Une opération plus légère pour l’orga et plus sereine pour la créativité des équipes
Autant la restriction du temps est un véritable catalyseur d’énergie, autant je me demande si tout faire au même moment, avec le stress et à la fatigue engendrés, n’est pas contre-productif au final.Une piste : j’imagine une édition en deux étapes. Une étape pour “cogiter” et une deuxième pour “faire”. La première étape inclurait uniquement des prototypes low-tech, ou juste “représentés” (légo, animations vidéos…). Dans cette première phase les participants “techniques” (codeurs, innovateurs, experts de solutions techniques…) participent à part entière pour conserver cette synergie et enrichissement mutuel entre “contenus” et “technique”. A l’issue il y aurait une sélection, et dans une deuxième phase les propositions seraient mise en oeuvre. Cela permettrait de ne gérer que les outils nécéssaires et d’alléger la gestion matérielle très lourde de l’opération.
Risque : en ne mettant plus les “mains dans le cambouis” on aura peut être plus tout à fait des prototypes aussi riches de leur confrontation avec la réalité de leur fonctionnement dans le contexte du musée.






![J’ai participé dimanche à l’opération OrsayCommons L’intérêt de cette opération “décalée” sérieuse/pas sérieuse est de mettre en lumière le ridicule de l’interdiction récente d’y faire des photos. Une interdiction qui s’enrobe de discours peu convaincants, et faits au nom des visiteurs, pour mieux s’imposer d’autorité.
On était pas très nombreux, une dizaine. Les agents de surveillance étaient alertés et avaient pour consigne de nous “laisser faire” comme j’ai pu l’entendre “dans le respect des oeuvres, des publics…et éviter de créer du désordre” (si je comprend bien finalement faire des photos c’est pas si gênant au final quand on laisse les visiteurs tranquilles)
Quelles sont les raisons invoquées ?
La gêne occasionnée : les visiteurs sont prétendument “très heureux” de cette interdiction qui préserve la fluidité et le calme autours des oeuvres. Pourquoi, dans ce cas, ne pas chercher des solutions pratiques (mieux gérer les flux, interdire uniquement les oeuvres vraiment très populaires, allouer des moments “dédiés” aux photographes amateurs…). Aujourd’hui on a plutôt une interdiction de “principe” avec des panneaux partout.
“C’est comme ça dans les musées du monde entier” : euh…là faudrait qu’ils se renseignent (même en France…). Tiens à ce propos, j’aime bien le blog du SFMOMA qui publie les photos de visiteurs, parfois en train de danser devant une oeuvre. Au muséum, un groupe Flickr dédié aux “souvenirs du muséum” de la part des visiteurs photographes. Il y a même des expos “sur place” de ces photos partagées en ligne…(subversif !)
Invocation du “respect” des oeuvres : là j’ai juste pas compris
Il faut respecter les règles. Sinon chacun fait n’importe quoi et “ne respecte pas la loi, c’est l’anarchie”… Légalement, ces objets, relèvent du domaine public et n’appartiennent pas aux musées qui en sont simplement les dépositaires. Les musées n’ont pas plus le droit de “refaire” la loi que les visiteurs. L’interdiction n’a qu’une valeur contractuelle imposée abusivement par l’achat du billet.
Toutes ces questions techniques m’intéressent peu au final. Si l’idée c’est de faciliter l’accès à la culture, des visiteurs aux oeuvres, alors il faut faire que ça se passe de façon la plus pragmatique possible… Ce qui me questionne d’avantage c’est le message implicite de cette interdiction de la part du musée :
Rendre service à des visiteurs qui ne seraient plus à même de contempler les oeuvres qu’à travers des “écrans qui font écrans” : Sur le fond, les choses ne sont peu être pas si simples. Il y a sans doute une sorte de consommation un peu frénétique au détriment d’un regard posé. Mais cette pratique s’inscrit aussi dans un phénomène d’auto-documentation. On prend des photos pour “valider” notre présence, comme témoignages, surtout pour nous-même, de notre existence (de nos rencontres, visites, réflexions…au quotidien). Pour d’autres, l’appareil devient un oeil (aussi distrait soit-il) par lequel ils regardent le monde, le cadre, le recompose, et partagent leur vision. Qui sont les musées pour porter un jugement d’ordre morale sur cette démarche ?
Tous ces panneaux qui “crient” de façon assez laide à tous les détours que le musée est un lieu d’interdiction, de défiance, d’empêchement… la générosité, la confiance s’éclipsent de fait…pas trop mon idée d’un lieu convivial de culture.
Et finalement, ce que je déplore c’est de voir ces “agents de surveillance” sur le qui-vive, que j’ai observé en 10 minutes interpeller au moins 3 couples dans l’allée centrale, pour leur rappeler l’interdiction (pour leur bien donc…ah ?). Générant un rapport de friction entre un agent devenu “flic” et un visiteur interrompu dans son élan et forcément frustré. Investir dans un rôle de “médiateur” partageant son regard intéressé et personnel pour les oeuvres, sur la vie du musée qu’il observe à longueur de journée et dont il fait parti, ne serait-il pas plus intéressant comme travail ?
Après l’opération nous avons pris un verre entre “photographes amateurs d’Orsay” (c’est une identité à part entière) et avons élaboré des plans très amusants pour les prochains dimanches gratuits…à suivre.
A lire: le billet de Louvre pour tous
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Retrouver les photos tagguées #orsaycommons sur Flickr
[update 15/12/10] article suggéré par Noémie dans commentaires sur “la pratique photographique, révélateur des échanges entre visiteurs)
[update 8/02/11] Photographie, musée et pouvoir : formes, ressorts et perspectives. Pour une lecture des rapports de pouvoirs sous-jacents.](http://24.media.tumblr.com/tumblr_ld23xpUKAQ1qzrdxpo1_r8_400.png)
